Projet au Burkina Faso : Appui aux actrices de l’Alimentation de rue
Appui aux actrices de l’Alimentation de rue à Ouagadougou : du renforcement économique au pouvoir politique
Objectifs
Général : Contribuer à l’amélioration durable des conditions de vie des groupes de populations exclues et/ou défavorisées par les politiques nationales de lutte contre la pauvreté (et prioritairement les femmes) à travers des micro entreprises génératrices de revenus à Ouagadougou au Burkina Faso.
Spécifique : D’ici la fin du projet, soutenir 4000 promoteurs et promotrices à mettre en oeuvre 4000 micro entreprises de restauration afin qu’ils et elles puissent faire évoluer leurs situations et s’insérer, par leurs propres moyens dans la vie socioéconomique du pays.
Publics
Bénéficiaires directs
3000 restauratrices et transformatrices de produits locaux dont 1500 de la première initiative ;
500 grilleurs de viande et de poisson dont 100 femmes
500 vendeurs de fruits et légumes dont 400 femmes
Bénéficiaires indirects
Promoteurs de micro entreprise de restauration
80% de la population des communes concernées, consommatrices de produits alimentaires
Contexte
Ces dernières années, l’exode rural a pris de l’ampleur dans les grandes villes du Burkina Faso et Ouagadougou en premier lieu. On note une tendance à la paupérisation des populations urbaines. Ces populations, venues chercher en ville de meilleures conditions de vie, ont développé des initiatives de survie devenues aujourd’hui des forces incontournables dans le développement de l’économie nationale. C’est le cas de ce que l’on nomme l’économie populaire du secteur informel. Elle procure plus de 50% des emplois à Ouagadougou et joue ainsi une fonction régulatrice contre le chômage et la pauvreté, tout en apportant des solutions aux consommateurs les plus démunis. Ce secteur sert d’amortisseur aux effets négatifs des politiques d’ajustement structurel ; la vente de denrées alimentaires en est un axe majeur.
Depuis les années 1990, les effets conjugués de la dévaluation du FCFA, de la mise en œuvre des politiques d’ajustement structurel et de l’avènement des crises alimentaires récurrentes, ont apporté des changements profonds dans les pratiques de consommation au Burkina en général et dans les grandes agglomérations du pays en particulier : les pratiques de restauration en famille s’estompent au profit de la restauration individuelle, collective, à domicile ou hors domicile. Ces pratiques, qui se développent notamment près des marchés, des services de transport, des écoles et des bureaux, sont structurées autour de la petite restauration, la restauration collective fermée, l’alimentation de rue et l’artisanat alimentaire.
Origine du projet, démarche et activités
Le contexte d’intervention se caractérise par l’expansion de la restauration de rue, résultant de plusieurs facteurs :
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l’urbanisation rapide des villes,
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les longues distances entre les lieux de travail et les domiciles des travailleurs/ses,
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la pauvreté,
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les nouveaux modes alimentaires
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la vie chère
Au regard de ce contexte, le projet vient contribuer au développement de ce type d’économie populaire des centres urbains, pour lutter contre la pauvreté, et améliorer ce type d’alimentation d’un point de vue sanitaire. Il soutient un modèle de développement participatif, privilégiant ainsi le renforcement de capacités économiques et politiques des couches de populations les plus démunies et les plus touchées par la pauvreté (et en priorité les femmes).
Il vient consolider et diversifier une action antérieure jugée pertinente, efficace, efficiente et viable en matière de lutte contre la pauvreté en milieu urbain, ayant touché plus de 1500 femmes. Elles ont vu leurs compétences d’exercice renforcées et leurs ressources économiques augmentées. Organisées en 40 groupes, elles sont aujourd’hui réunies autour d’un collectif afin de constituer un pouvoir de négociation auprès des autorités administratives et politiques. Il faut maintenant amener ces femmes à maîtriser leur positionnement dans le circuit d’alimentation des populations urbaines et disposer des moyens durables et soutenables pour le développement de leurs activités.
Consolidation des acquis de la première initiative
Les actions de consolidation ont pour objectifs :
Une meilleure structuration, organisation et formation des femmes touchées. Il s’agira notamment d’accompagner ces femmes pour que leurs différentes organisations soient reconnues et constituent une force et un pouvoir de négociation. Cet accompagnement consistera en formation juridique, de gestion d’entreprise et à la prise de décision (empowerment).- L’intégration de la gestion totale de la chaîne de valeurs des micro-entreprises féminines de restauration et de transformation des produits locaux (de l’approvisionnement à la commercialisation en passant par les systèmes de stockage/conditionnement et transformation).
- La dotation des femmes bénéficiaires de la première initiative de moyens de financement et de matériels durables et auto-entretenus.
- L’amplification des actions initiales par l’apport aux femmes d’appuis complémentaires, notamment dans le domaine de l’hygiène alimentaire, la salubrité et la santé publique.
Diversification des actions en faveur de la promotion de la restauration de la rue
La première initiative s’est focalisée sur des femmes transformatrices et restauratrices de Ouagadougou. Cependant, nous assistons au développement de petites restaurations gérées par des hommes, comme les dibiteries, la vente de poissons braisés, de fritures, de friandises, de fruits et légumes. Ainsi, pour impulser plus d’impact sur les populations démunies, la présente initiative élargira le champ d’intervention à ces groupes d’hommes. Cette démarche entre dans une approche « Genre et développement » ; les formations proposées aux participant-e-s intégreront un module relatif au genre, suivi par les femmes et les hommes. Il s’agira de sensibiliser et changer les mentalités pour imaginer des modes de relations plus démocratiques, tant dans la vie quotidienne que dans la vie économique, sociale et politique. Cette nouvelle initiative permettra donc de prendre en compte les rapports hommes-femmes dans l’organisation, le développement et la promotion du secteur.
La diversification consistera par ailleurs à l’élargissement des actions à d’autres groupes (hommes et femmes) gérants des restaurants d’entreprise, des cantines scolaires et des restaurants de fortunes mis en places aux alentours des salles de cinéma et des maquis. En définitive, en plus des femmes qui sont majoritaires, le secteur est une opportunité indéniable pour un nombre important de jeunes diplômés sans emplois, non scolarisés et déscolarisés. Tout comme les actions de consolidation, ces actions de diversification viseront à la structuration, l’organisation, la formation en gestion de micro entreprises des groupes ciblés.
Enfin, le projet permettra, au travers d’une recherche-action, la création d’un outil de développement intégrant le genre et prenant comme base le renforcement de l’économie populaire dans les centres urbains africains, vers une amélioration de l’alimentation, et un renforcement des capacités économiques et politiques de la population concernée. Cet outil sera développé grâce à un cadre de concertation rassemblant des ONG de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest membres du réseau ASTER-International.
Résultats attendus
R1 : 4000 promoteurs/trices de restauration issu-e-s de groupes de populations exclues et/ou défavorisées, disposent de revenus largement supérieurs au seuil de pauvreté estimé à 82 672 FCFA par an.
R2 : 4000 promoteurs/trices de restauration issu-e-s de groupes de populations exclues et/ou défavorisées ont accès à des soins médicaux, à l’eau potable et à l’éducation.
R3 : 4000 promoteurs/trices de restauration issu-e-s de groupes de populations exclues et/ou défavorisées créent au moins 12 000 emplois permanents pour des jeunes diplômés sans emplois, des déscolarisés et des non scolarisés.
R4 : 4000 promoteurs/trices de restauration issu-e-s de groupes de populations exclues et/ou défavorisées disposent de sources pérennes de financement de leurs activités.
R5: 4000 promoteurs/trices de restauration issu-e-s de groupes de populations exclues et/ou défavorisées constitués en groupements, participent aux prises décision de la gestion de la citée, de l’hygiène, de la salubrité et de la santé publique.
R6 : Amélioration des conditions d’hygiène lors de la fabrication et de la vente de ces produits pour l’ensemble des consommateurs/trices (80% de la population).
R7 : Réalisation d’un outil de partage d’expérience concernant le renforcement de capacités économiques et politiques d’une population à partir de l’enjeu de l’alimentation de rue.
Porteurs du projet et partenaires
L’ONG ASMADE (Association Songui Manégré/Aide au Développement Endogène) est une structure de promotion des droits burkinabé qui appuie les communautés de base à traduire leurs besoins en projet concrets et réalisables. Elle a été créée en 1994 et reconnue officiellement en tant qu’association par l’autorité administrative en 1996 et Organisation non gouvernementale en 2006.
L’ensemble des actions qu’elle conduit se regroupent en quatre axes principaux qui sont:
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La promotion de la santé par l’éducation à l’hygiène et l’assainissement, l’éducation et la promotion des mutuelles de santé ainsi que la promotion de la santé de la reproduction
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l’insertion socioprofessionnelle des jeunes
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les échanges inter culturels
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la lutte contre la pauvreté par l’appui aux femmes actrices de l’alimentation de rue
ASTER-International
A.S.T.E.R, Actrices Sociales des Territoires Européens Ruraux, créée en France en 1993, est à la fois un organisme de formation, agréé par la DRTEFP depuis 1993, un organisme d’éducation populaire agréé par le ministère de la Jeunesse et des sports (renouvelé en 2008 sous le n° 02JEP08-035) et un réseau international.
Dans une optique de démocratie participative et de changement social, ASTER développe un ensemble d’expertises sur les thématiques suivantes : « Femmes - Territoire - Développement local, durable – Genre - Égalité des femmes et des hommes - Réseau - International ».
Avec une réflexion permanente sur les exigences d’un réseau où la réciprocité des échanges et la transparence sont des conditions préalables qui permettent la confiance partagée, ASTER a développé une expérience du travail en partenariat sur les projets de développement. Cette recherche de réciprocité a été reconnue par l’évaluation d’un projet d’ASTER au Sénégal avec l’ONG OFAD /NAFOORE, membre du réseau












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