03 Nov 2012

11 octobre 2012 : 600 millions de filles sortent enfin de l’ombre !

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11 octobre 2012 : 600 millions de filles sortent enfin de l’ombre !

Il
y

a
un
an,
l’assemblée
générale
des
Nations
unies
décidait
de
 faire
chaque
année
du
11

octobre
 la
 Journée
 internationale
 des
 filles
 avec
 comme
 objectif
 de
mettre
en
 lumière
 les

inégalités
 et
 toutes
 les
 formes
 de
 discriminations
 dont
 elles
 souffrent
 partout
 dans
 le

monde.

Cette
initiative
est
le
résultat
d’un
processus
engagé
depuis
2007,
avec
la
création,
au
sein

des
 Nations
 unies,
 d’un
 groupe
 de
 travail
 rassemblant
 entre
 autres
 l’UNFPA,
 l’UNICEF
 et,

depuis
 sa
 création,
 UN
 Women.
 En
 2010,
 ses
 membres
 s’étaient
 engagés
 à
 redoubler

d’efforts
pour
faire
respecter
les
droits
fondamentaux
des
filles
adolescentes,
l’idée
étant
de

renforcer
l’appui
 fourni
aux
pays
en
développement
pour
qu’ils
élaborent
des
politiques
et

des
 programmes
 de
 nature
 à
 favoriser
 l’autonomisation
 des
 filles
 adolescentes
 les
 plus

difficiles
à
atteindre,
notamment
celles
âgées
de
10
à
14
ans

1

.

A
 l’occasion
 de
 cette
 première
 Journée
 internationale
 des
 filles,
 l’association
 Equilibres
 &

Populations
rappelle
que,
dans
les
pays
pauvres,
elles
sont
quelque
600
millions
à
connaître

une
désocialisation
qui
les
place
dans
des
situations
d’extrême
vulnérabilité.

Non
 scolarisées
 ou
 précocement
 déscolarisées,
 trop
 jeunes
 mariées,
 mères
 avant
 que

d’avoir
quitté
l’enfance,
exploitées
professionnellement
et
sexuellement,
elles
sont
hors
de

portée
des
programmes
et
politiques
partout
élaborés
en
direction
des
jeunes.

C’est
 pourquoi
 Equilibres
 &
 Populations
 se
 félicite
 de
 la
 création,
 au
 sein
 de
 la
 direction

générale
 de
la
Mondialisation
 du
ministère
 des
Affaires
étrangères,
 d’un
groupe
 de
 travail

« jeunes
 filles et
 développement
 »,
 largement
 ouvert
 à
 la
 société
 civile
 et
 destiné
 à
 faire

émerger
des
propositions
concrètes,
pour
que
la
qualité
et
l’efficacité
des
actions
d’aide
au

développement
mises
en
œuvre
par
la
France
soient
renforcées
par
la
prise
en
compte
des

besoins
spécifiques
des
filles.

Equilibres
 &
 Populations
 attend
 du
MAE,
 mais
 aussi
 du
 nouveau
 ministère
 des
 Droits
 des

femmes,
 que
 les
 propositions
 de
 ce
 groupe
 soient
 en
 priorité
 prises
 en
 compte
 dans
 la

prochaine
révision
du
document
d’orientation
stratégique
« genre
et
développement »,
qui

1

Il
ne
faut
pas
oublier
le
rôle
joué,
en
parallèle,
par
la
mobilisation
de
la
société
civile,
et
notamment
celle
de

Plan
International,
par
le
biais
de
sa
campagne
« Parce
que
je
suis
une
fille »
(Because
i
am
a
girl).doit
 devenir
 l’instrument
 de
 la
 mise
 en
 œuvre
 de
 cette
 « diplomatie
 des
 droits
 des

femmes » récemment
plaidée
par
Najat
Vallaud‐Belkacem
et
qui
seule
permettra
d’atteindre

à
 une
 égalité
 entre
 les
 femmes
 et
 les
 hommes
 sans
 laquelle
 il
 n’y
 aura
 jamais
 de

développement
durable
possible.

Sur
 le
 terrain,
 Equilibres
&
 Populations
 et
 trois
 de
 ses
 partenaires
 (Asmade,
 Ceradis,
 Lafia

Matassa)
ont
pris
l’initiative,
depuis
deux
ans
et
avec
le
soutien
de
l’Union
européenne
et
de

l’Agence
française
de
développement,
de
lancer
au
Burkina
Faso,
au
Bénin
et
au
Niger,
des

actions
pilotes
prenant
en
compte
les
besoins
spécifiques
de
catégories
de
filles
en
situation

de
grande
vulnérabilité
 face
aux
 risques
liés
à
la
 sexualité
et
plus
 fortement
confrontées
à

différentes
 formes
 de
 violences,
 y
 compris
 les
 violences
 sexuelles.
 Dans
 ces
 trois
 pays,
 il

s’agit
de
mener
un
 travail
de
 renforcement
des
compétences
et
de
l’autonomie
des
 filles ;

d’impulser
dans
les
communautés
des
changements
sociaux
bénéfiques
à
toutes
et
à
tous ;

et
d’améliorer
l’offre
de
services
des
structures
socio‐sanitaires
pour
que
toutes
les

filles
(et

pas
seulement
les
plus
favorisées)
puissent
en
bénéficier.

En
 termes
de
 résultats,
des
changements
 sont
amorcés.
Dans
les
 six
 sites
concernés
 (deux

par
pays),
les
communautés
prennent
conscience
des
responsabilités
qu’elles
ont
à
assumer

vis‐à‐vis
de
la
 santé
des
 filles
et
pour
prévenir
les
violences
et
abus
qu’elles
 subissent.
Les

filles,
 quant
à
elles,
 prennent
 de
 l’assurance
 pour
 faire
 valoir
 leurs
 droits
et
 incarnent
 des

modèles
alternatifs.

Certes,
 beaucoup
 reste
 à
 faire
 pour
 poursuivre
 les
 actions
menées
et
 pour
 couvrir
 tout
 le

territoire
 des
 trois
 Etats
 concernés,
 voire
 celui
 de
 l’ensemble
 des
 Etats
 de
 la
 sous‐région.

Cela
relève
évidemment
de
la
responsabilité
des
autorités
gouvernementales
et,
au‐delà,
de

celle
de
leurs
partenaires
du
Nord.
Mais
qu’est‐ce
qui
empêcherait
ceux‐ci,
à
commencer
par

la
 France,
 de
 capitaliser
 sur
 ces
 résultats
 prometteurs
 pour
 passer
 à
 l’échelle ?
 Dans

l’immédiat,
 il
 s’agit
 de
 s’assurer
 que
 ces
 expériences
 puissent
 alimenter
 les
 activités
 en

faveur
 de
 la
 santé
 des
 femmes
 et
 des
 enfants
 engagées
 jusqu’à
 2015
 à
 la
 suite
 du
 G8
 de

Muskoka.
Dans
le
moyen
 terme,
il
s’agira
d’en
 faire
un
chapitre
structurant
de
la
stratégie

des
Objectifs
du
développement
durable
qui
prendra
le
relais,
après
2015,
de
la
stratégie
des

OMD.

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