08 Juil 2011

Rio + 20/ « genre et développement soutenable »

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Elaboré par le groupe de contact Genre & développement soutenable, actuellement composé des associations suivantes..:Adéquations, Association Femmes et développement (AFED), ATTAC (commission genre et mondialisation), Collectif 13-MMF, EluEs contre les violences faites aux femmes (EVFF), Enda Europe, Fondation pour les Femmes africaines (FFA), Marche Mondiale des Femmes contre les Violences et la Pauvreté, Rapsode Production, Réseau Féministe «..Ruptures..», Réseau Universités Nomades, Université Européenne Populaire, Women in Europe for a Common Future (WECF), et de personnes à titre individuel.

Référente du groupe de contact Genre et développement soutenable :

Monique Dental, Réseau Féministe «..Ruptures..» courriel..: monique.dental@orange.fr

Coordination du texte de position :

Yveline Nicolas, Adéquations courriel..: ynicolas@adequations.org

 

Introduction

Rio + 20 ne peut constituer l’occasion d’une redéfinition de ce que serait un «développement soutenable..» que si les organisations de la société civile parviennent à faire valoir, dans l’espace public et dans les négociations préparatoires, une perspective qui rompe avec le «capitalisme vert..». Cette redéfinition entraînera de véritables transformations si elle renforce le pilier social du développement soutenable et intègre un enjeu transversal..: le genre. Cette approche vise à prendre en compte l’impact du mode de développement sur les rapports sociaux entre hommes et femmes, actuellement fondés sur des inégalités politiques, économiques, sociales, culturelles… et, en retour, l’impact de l’approche intégrée de l’égalité des femmes et des hommes sur les politiques et actions visant le développement durable[1].

Face aux échecs et aux abus de l’approche dite «intégrer les femmes dans le développement..» (IFD)

– qui ne remet pas en cause la nature de ce développement et qui souvent instrumentalise le rôle social et le travail des femmes pour pallier, par exemple, aux démantèlement de services collectifs -, l’approche Genre et développement (GED) a été progressivement élaboré et approprié à la fois par des institutions internationales de développement et par des mouvements et organisations des sociétés civiles, notamment au Sud. Cette contribution essentielle à la remise en cause du paradigme du développement classique est présente dans toutes les conférences des Nations unies sur l’environnement et le développement depuis trente ans du côté institutionnel comme du point de vue de la société civile, avec, par exemple, a publication de l’agenda 21 des femmes pour une planète en bonne santé et en paix, avant la Conférence de Rio. Pour le Sommet mondial de Johannesburg, dans le cadre du collectif Joburg 2002, une plate-forme Femmes pour la qualité de la vie, pour une approche féministe du développement durable a été élaborée.

 

Enfin, la notion et la pratique de «l’intersectionnalité..» (croisement des rapports sociaux de sexe, de classe, d’origine culturelle[2], de génération…) développées par l’approche de genre constituent un nouvel apport fécond à l’analyse comme au méthodologies à inventer pour la mise en œuvre d’un développement soutenable.

 

 


[1] Le «..genre..» est ici défini comme «..les rôles, les comportements, les activités et les attributions socialement construits, qu’une société donnée considère comme appropriés pour les femmes et les hommes..» (Conseil de l’Europe). «..L’approche de genre promeut des droits formels et réels égaux pour les femmes et les hommes, l’amélioration de l’accès aux espaces d’expression et de pouvoir, au capital humain incorporé (santé, éducation) et aux facteurs de production. L’approche genre comprend aussi la prévention et la répression des violences fondées sur le sexe, un partage équitable des ressources et des responsabilités, ainsi qu’un développement humain plus complet et durable pour tous et toutes..» (Document d’orientation stratégique Genre et développement..», MAEE)

 

[2] «race..» pour les anglo-saxons

 

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