13 Juil 2010

Création de trois Maisons des femmes et de l’égalité au Maroc

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CREATION ET ANIMATION DE TROIS MAISONS DES FEMMES ET DE L’EGALITE DANS LA PROVINCE DE LARACHE

Objectifs

Global

Mise en place et opérationnalisation de trois espaces multifonctionnels pour l’autonomisation des femmes et la promotion de l’égalité de genre dans le développent des communes de Boujedyane, Sahel et Tatoft dans le cadre du partenariat entre RADEV et ASTER International.

Spécifiques

· Renforcer, développer et appuyer les capacités et activités économiques, sociales et politiques des femmes ;

· Appuyer les activités existantes dans un but d’amélioration et d’une meilleure prise en compte des réalités socio-économiques de la commune ;

· Développer et animer une gestion participative des Maisons des femmes ;

· Travailler à la capitalisation du projet par la recherche-action.

Contexte

National

Tatoft paysageUne stratégie nationale marocaine pour l’équité et l’égalité des sexes (« Stratégie nationale pour l’équité et l’égalité entre les sexes, par l’intégration de l’approche genre dans les politiques et les programmes de développement » – SNEEG) a été mise en place en 2006. Impulsée par le Secrétariat d’Etat chargé de la Famille, de l’Enfance et des Personnes handicapées, cette stratégie «  a pour finalité la réduction des disparités entre les deux sexes, tant en matière de droits, d’accès aux ressources et d’opportunités économiques en terme d’influence politique ».

La situation socioculturelle du territoire

La province de Larache compte 500 000 habitant-e-s. C’est une province défavorisée mais qui voit émerger plusieurs dynamiques. Il s’agit d’une zone très enclavée, en raison de son caractère montagneux et de la faible intervention des pouvoirs publics depuis plusieurs décennies. Les équipements socio-éducatifs et culturels sont rares. Les collectivités locales manquent de moyens humains et financiers et de capacités techniques en matière de planification et de développement territorial. L’économie locale est très fragile. L’agriculture de subsistance prédomine et aucune autre activité n’est en mesure d’absorber le chômage croissant de la jeune génération.

La situation économique du territoire

Une filière de production et de commercialisation de cannabis a constitué une des principales activités génératrices de revenus, tout en bénéficiant essentiellement à des intermédiaires. En 2005, le gouvernement marocain a organisé de vastes campagnes de destruction du cannabis. Mais l’absence de mise en place d’activités économiques alternatives a contribué à la dégradation socio-économique de Larache, à l’augmentation de la pauvreté et de l’exode rural des hommes.

La région dispose pourtant de nombreux potentiels, notamment en matière de ressources humaines (population jeune, associations, coopératives de femmes, etc.) et naturelles qui sont abondantes (agriculture, pêches, montagnes, forêts, rivières). Il apparaît prioritaire de soutenir ces dynamiques et ce potentiel pour renforcer l’émergence d’une société civile et créer des activités économiques.

Les vastes campagnes de destruction du cannabis qui constituait la seule ressource économique pour les habitants a entraîné la pauvreté des foyers et a amené à réfléchir sur le problème du chômage qui revient croissant ainsi que sur la création avérée des activités génératrices d’emploi afin de pallier aux problèmes de pauvreté dont souffre la population des douars malgré les potentiels de la population.

Problématique

femmesDans le cadre du PADEL (Programme d’appui au développement local de Larache qui permit la mise en œuvre d’un diagnostic territorial participatif intégrant le genre), les diagnostics ont confirmé le besoin d’espaces permettant aux femmes des rencontres, l’accès à l’information, la formation et l’appui à leurs initiatives pour le développement social, économique et communautaire du territoire. De même, il semble également important de proposer des espaces où les femmes et les hommes puissent dialoguer sur les questions qui les concernent.

Suite au diagnostic territorial participatif, des préconisations ont débouchées sur des pistes d’action identifiées par les habitants : la création et l’animation de Maisons des femmes et de l’égalité. Ces Maisons des femmes seront un lieu de réflexion, de rencontre pour un partage et un renforcement de compétences et capacités principalement des femmes. Ce sera également un espace de dialogue, d’échange d’information, un lieu de débat mais surtout de formation professionnelle et d’appui aux initiatives économiques.

Finalité du projet

femmes Sahel ARAContribuer à promouvoir le changement socio-économique par l’intégration du genre dans les politiques, programmes et projets de développement menés par RADEV et les acteurs locaux et provinciaux de Larache. En travaillant sur les pratiques organisationnelles à partir de trois expériences différentes (Maison des femmes sénégalaise, Maisons des femmes et de l’égalité marocaines, groupements d’artisanes burkinabés), le réseau ASTER est à la recherche de nouveaux moyens pour les femmes et pour les hommes de devenir des actrices et des acteurs sociaux et économiques, et d’acquérir l’autonomie et le reconnaissance.

Zone d’intervention

Trois lieux d’intervention sont concernés par le projet au Maroc : Boujedyane, Tatoft, Sahel.

Publics

Direct :

  • ara-marocLes formateurs et formatrices des associations de développement local, formés à la recherche-action et à l’approche intégrée du genre pour le développement ;
  • 25 Femmes relais, formées par commune ;
  • 15 à 30 femmes formées au leadership par commune ;
  • 15 personnes clés (hommes et femmes) formées à la gestion et à l’animation participatives des Maisons des femmes et de l’égalité ;
  • Femmes formées à la mise en œuvre de nouvelles activités économiques, sociales et communautaires (40 femmes par douar soit 120 femmes) ;
  • Femmes et jeunes filles alphabétisées.

Indirect :

Indirectement, c’est toute la population qui est touchée par ce projet (démultiplication des formations par les femmes relais, informations dans les écoles et lieux publics, sensibilisation de la population à l’égalité femmes/hommes, impact des initiatives économiques, sociales et culturelles mises en œuvre sur le territoire, etc.).

Calendrier : 2009-2011

Résultats attendus

RA1 : Trois Maisons des femmes ont été créées et fonctionnent effectivement ; la population s’est appropriée ces lieux (la gestion et l’animation de ces lieux sont participatives).

La dimension transversale du genre est intégrée dans le fonctionnement de la Maison des femmes et de l’égalité et les nouveaux projets. Les acteurs locaux de développement ont des compétences théoriques et pratiques sur l’approche genre et développement.

RA2 : Les femmes sont reconnues et se vivent comme des actrices du développement de leur territoire. Des initiatives sociales, cultures et économiques de la population sont effectivement mises en œuvre pour contribuer au développement du territoire, avec le soutien des Maisons des femmes et de l’égalité.

RA3 : Le projet est capitalisé pour faciliter sa modélisation et les échanges d’expériences prévus dans le cadre du projet éducation au développement.

Porteurs du projet et partenaires

Le RADEV

Sur chaque site, une association membre du RADEV (Réseau des associations de développement) est opératrice. Ces trois associations ont pour objectif le développement local communautaire. Le RADEV est un collectif d 34 associations au développement solidaire et équitable. L’action du RADEV s’inscrit dans la dynamique du mouvement associatif marocain visant la réalisation d’un développement durable, solidaire et équitable, avec et pour les citoyens et citoyennes.

Les axes d’intervention du RADEV sont les suivants :

o Développement intégré et équitable ;

o Promotion des droits humains des femmes ;

o Lutte contre la pauvreté et les vulnérabilités ;

o Intégration de la femme au développement ;

o Renforcement de capacités et la mise à niveau des acteurs locaux de développement ;

o Education à la citoyenneté et à l’environnement.

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