14 Juin 2009

La femme, un atout de développement

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200906141523.jpg L’égalité hommes-femmes ? Le chemin semble encore long afin que les écarts s’estompent dans la vie professionnelle et personnelle. Pourtant cette égalité apparaît comme un moyen de développement local notamment dans les zones fragilisées de l’Aisne. Pour avancer de nouvelles stratégies et faire le point sur les actions locales existantes, un forum était prévu jeudi à la mairie de Tergnier et à la Maison de l’emploi et de la formation. Orientation, articulation vie familiale-professionnelle, législation, un état des lieux a été dressé par les différents intervenants pour que les femmes s’affirment comme un atout.

Dans le vestiaire de l’équipe féminine de Folembray, les joueuses arrivent avec leur sac de sport et mais aussi leurs soucis familiaux : enfants, maris, etc. À travers le théâtre, la situation des femmes interpelle encore plus, surtout quand elle est interprétée par une dizaine de participantes d’une formation Label actif et Retravailler Picardie. Cette saynète a introduit les ateliers thématiques prévus dans le cadre du forum, co-organisé jeudi pour la première fois par la MEF du pays Chaunois et le réseau Aster-international (Actrices sociales des territoires européens ruraux). Au cœur des discussions : l’égalité professionnelle des femmes et des hommes, une stratégie pour le développement local.



Se nourrir des expériences extérieures



Ou plutôt, « une chance pour le territoire », remarque le maire de Tegrnier, Christian Crohem, en ouverture de la journée. « La femme est l’avenir de l’homme, comme le soulignait très bien Jean Ferrat dans une chanson. Mais en situation de crise, l’égalité est encore plus difficile à appliquer ». La MEF et Aster se retrouvent ainsi avec les mêmes préoccupations et fonctionnements. « La Maison de l’emploi a commencé à regarder sur le territoire puis à croiser les regards, comme le réalise Aster qui se nourrit des expériences régionales et internationales », souligne Antonio Terra, directeur de la MEF.

Comme l’ont illustré les comédiennes amatrices, des formations sont régulièrement mises en place par différents organismes. « L’objectif de départ est de les faire sortir de la

maison, de se retrouver entre femmes, d’avoir confiance en elles », souligne Laetitia Cocart, chargé de mission à la MEF. Pour y arriver, les femmes doivent alors articuler ou négocier avec leur vie familiale (voir encadré). Les formations s’adaptent aux horaires de la famille et indiquent des solutions des gardes, si besoin. « Après ces formations, des femmes ont des projets mais ils ne sont pas toujours accueillis à bras ouverts. La raison : elles proposent une autre forme économique avec des microprojets. Les femmes sont souvent à l’écoute des besoins ressentis sur le terrain », constate Marie-Lise Semblat, présidente d’Aster.

À la fin de cette journée d’échanges, les participants ont soulevé des perspectives d’avenir et de faire avancer cette question d’égalité. Car ces observateurs ont remarqué un retour en arrière, une menace plane sur les acquis.

L’INEGALITE EN CHIFFRES

« Si l’égalité n’existe pas dans le couple, cela signifie qu’elle n’est pas acquise en général », remarque Florence Roualen, animatrice au Pôle égalité des chances, CIDFF de l’Aisne.

Un constat souligné par les chiffres. Les femmes représentent 51 % de la population dans l’Aisne. Mais elles ont le plus faible taux d’activité dans le Chaunois. Une femme passe deux fois plus de temps aux tâches ménagères. Un bémol dans les couples à revenus identiques, les tâches sont plus réparties. Les femmes travaillent plus souvent à temps partiel et se donnent moins de temps pour elle le week-end (4 heures

en moins).



Auteur : Aurélie BOURILLON

Article paru le : 1 juin 2009 dans l’Aisne Nouvelle

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