17 Nov 2008

SENEGAL: Maison des Femmes

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    « Maison des Femmes« 
   Bagadadji, Sénégal
 
L’O.N.G. sénégalaise, O.F.A.D./NAFOORE est implantée dans le village de Bagadadji (500 habitants) dans la région de Kolda, affectée par la crise casamançaise et considérée par le D.S.R.P. comme la plus pauvre du Sénégal.
 
À la précarité des conditions de vie des populations, le taux élevé d’analphabétisme (72%), la malnutrition, s’ajoutent la mauvaise gestion des ressources naturelles, l’inexistence de structures de formation adaptées, l’éloignement et le manque de structures de santé, ainsi que la faible organisation des acteurs sociaux.
 
Les femmes demeurent les plus vulnérables, victimes à la fois des pesanteurs socioculturelles et de politiques de développement inadaptées. Le projet de Maison de la femme part des besoins des femmes elles-mêmes, de leurs potentiels et de leurs capacités de leadership. Il vise à:
 
·            Favoriser une approche globale de l’éducation des femmes: santé reproductive,                 alphabétisation, microcrédits, microprojets, environnement,…
 
·            Dans le cadre d’une approche genre et développement, faciliter la satisfaction          des          besoins en vue d’une lutte contre la pauvreté et d’un équilibre entre les rôles  masculins et féminins,
 
·            Réaliser à long terme un développement durable de la micro-région.
 
Il s’agit concrètement de créer un lieu-ressources : lieu de rencontre, d’information, de formation et d’accompagnement des initiatives pour les femmes de la zone. Les premières activités sont traditionnelles (teinture, savonnerie, coiffure, couture), mais doivent évoluer vers de nouvelles activités notamment par l’organisation de l’accueil de groupes dans les villages (tourisme solidaire, organisation de séminaires des O.N.G.). La nécessité d’amélioration des infrastructures, la formation des femmes, un partenariat entre pouvoirs publics et société civile qu’exigeront ces initiatives, vont ouvrir des perspectives à la fois de promotion des femmes et d’un développement durable qui combinera:
 
·            volets sociaux,
·            économiques, 
·            et environnementaux (valorisation du paysage, entretien des villages, lutte contre les          feux de brousse…)
 
La maison des femmes est animée par 25 femmes-relais, reparties dans les villages de le zone.
 
Qu’est-ce qu’une femme-relais?
 
Être femme-relais, c’est relayer des informations, des formations entre deux espaces qui sont la maison des femmes de Bagadadji et le groupement villageois. C’est également assurer la continuité d’un processus de développement.
 
La femme-relais relaie, rapporte ce qui se passe au village. Elle est porteuse des idées, des difficultés que peuvent rencontrer les villageois et particulièrement les femmes. Elle assure un rôle d’observatoire des conditions de vie au village.
La Maison des femmes propose un lieu d’échange, d’information, de formation, de sensibilisation, d’innovation… Les femmes-relais qui prennent part à ces activités ont une responsabilité de démultiplier les effets de ces actions vers les femmes et la population de leur village. Elles relayent à d’autres ce qu’elles ont appris.
 
Ces deux chemins, l’un vers la maison des femmes, et l’autre vers les villages, constituent réellement le processus de transformation, d’où le nom des femmes-relais, qui contribuent à la continuité d’un processus de changement et de développement.
 
Tous les mois les femmes-relais se retrouvent à Bagadadji pour se former, échanger et se sensibiliser aux questions de santé communautaire. La gestion de cette maison est sous la responsabilité de Coumba Koïta, avec le soutien d’OFAD. Les frais relatifs à ces groupements sont pris en charge par le projet. A court terme, les frais d’achat de matériaux pour les formations techniques et artisanales seront pris en charge par la vente des articles. Ce processus d’activités génératrices de revenus est très formateur pour une gestion à long terme d’activités de productions commercialisées.
 
La Maison des femmes est complètement intégrée dans le tissu social de la Communauté rurale de Bagadadji. C’est également le cas pour les femmes-relais qui, de retour dans leur village, rapportent ce qu’elles ont fait là-bas aux autorités religieuses et locales, ainsi qu’à la population.
 
Les difficultés majeures auxquelles doivent faire face les femmes dans leur vie quotidienne sont les suivantes:
 
  • La mobilité et les transports – isolement, difficulté de se rendre dans d’autres villages et à Bagadadji,
  • Les difficultés économiques – mauvaise qualité de leur production artisanale,
  • Analphabétisation,
  • La garde des enfants,
  • La trop grande charge dans les travaux de la maison,
  • Les travaux de maraîchage – manque d’eau, de protection contre les animaux, cherté des engrais, manque de connaissance dans l’agriculture…,
  • La communication – pas de téléphone, heureusement l’émission de radio hebdomadaire animée par O.F.A.D. est un très bon outil de communication et d’information,
  • Manque de matériel pour les groupements de femmes,
  • Difficultés d’accès à la santé,
  • Besoins d’être aidé dans l’éducation des enfants.
 
Ce projet de la Maison des femmes est un réel enjeu dans cette région du Sénégal. Il répond à de réels problèmes, aussi bien pour les femmes que pour toute la population. Par ces actions, les femmes ont compris qu’on les écoutait et qu’on prenait en compte leurs paroles et leurs idées. Leurs expériences de vie devraient être mieux connue, afin de pouvoir affiner tous les projets et politiques en matière de développement local et de développement participatif. Dès la finalisation de sa construction, ce lieu sera ouvert à tous ceux et celles qui souhaitent être informés, formés et sensibilisés aux questions des droits des femmes, de la santé communautaire, d’éducation et d’A.G.R…
Publications
      Revue Economie & Humanisme n°378, article de Marie-Lise Semblat, p 66-67
      Développement durable et solidarité internationale, publication du HCCI, Adéquations p 70.
 
 
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