06 Mai 2007

SENEGAL Développement à la base à Kolda

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La formation démarre en juin prochain et c’est à Bagadadji où sera installée cette sorte d’université rurale. En somme, une revanche du monde rural sur les centres urbains.

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Kolda

- La plupart des agents évoluant dans le monde des organisations non gouvernementales (Ong) ont acquis des compétences et une expérience difficiles à justifier par un diplôme. Rien a priori ne permet de croire à leurs capacités. Une situation qui a bien des inconvénients dans cette société où le diplôme garde toujours son mythe. Cette sorte d’informel sera bientôt brisée. En effet, trente-cinq agents des Ong se verront offrir une formation sanctionnée par un parchemin. Selon Mme Marie-Lise Semblat, présidente de Aster-International (Actrices sociales des territoires européens et ruraux),« il ne s’agira pas d’enseignement classique, mais de formation destinée à des adultes. On part du principe que tout adulte, acteur social, dispose de savoirs dans sa vie professionnelle, syndicale ou associative ».

Ces savoirs dits expérienciels, poursuit-elle, viennent de l’expérience de l’acteur social. Mais, déplore Mme Semblat, ces acquis en matière de développement local (alphabétisation, lutte contre la pauvreté, sensibilisation à l’abandon des pratiques néfastes, etc.) ne sont pas reconnus du point académique. Il s’agira donc, ajoute-t-elle, de les valoriser et de les valider.« Un groupe de trente-cinq professionnels (hommes et femmes) des Ong va d’abord être formé au certificat d’initiatives locales (Cil) pour une durée de six mois. Ensuite, ils passent à une autre étape sanctionnée par le diplôme des hautes études des pratiques sociales qui a une équivalence de Bac plus quatre ans des universités. Cette dernière formation diplômante s’articule sur la validation des acquis de l’expérience, l’approche genre et le développement rural local, des expériences ont été menées en France avec des publics masculins ou mixtes », explique Marie-Lise Semblat. Les thèmes ne sont pas imposés de l’extérieur, mais ce sont les apprenants eux-mêmes qui les proposent.

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Du 28 au 1er novembre dernier, un séminaire a réuni à Bagadadji (30 km au nord de la commune de Kolda) trois régions du monde francophone : des Français, Belges et Grecs, six Québécois et des Africains de l’Ong Ofad Nafooré. La rencontre dite de partages et d’échanges d’expériences a permis d’identifier des axes comme les mutations sociétales au Sénégal, le développement local, le projet, l’approche de genre. Ce sont des axes qui vont être affinés en fonction des besoins des apprenants. De l’avis d’Alassane Diawara, chargé de la formation à l’Ong Ofad-Nafoore, hôte de ce programme destiné aux adultes, la validation des expériences valorise les organisations bénéficiaires face aux bailleurs et aux partenaires. Les formateurs viennent d’horizons différents. Il en est ainsi d’Adama Faye, chercheur à l’Isra et d’autres en provenance de France ou du collège coopératif de Québec.

Interpellé sur les éventuelles prétentions salariales des titulaires de cette formation, Baba Koïta, secrétaire exécutif d’Ofad Nafooré, s’est dit prêt à payer le prix et à en profiter pour étendre le champ d’action de son organisation. La formation démarre en juin prochain et c’est à Bagadadji où sera installée cette sorte d’université rurale. Comme quoi la revanche du monde rural sur les centres urbains va bientôt commencer.

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